Ségolène Royal était l'invitée de la matinale d'Europe 1 ce lundi 18 octobre.

Au cours de cette interview, Ségolène Royal a appelé à la sagesse des sénateurs notamment aux centristes et à la droite modérée :
"Le Sénat, on qualifie cette chambre, de chambre des Sages. Je suggère que que le Sénat, notamment les centristes et la droite modérée invite le gouvernement à être sage, à être raisonnable. (...)
Etre raisonnable, c'est renoncer à cette volonté du rapport de force. Regardons ce qui se passe dans d'autres pays qui ont eu à conduire des réformes très importantes
.
Regardez aux Etats-Unis d'Amérique, Barack Obama n' a pas fait le rapport de force, il a associé les américains à la réforme du système de santé. Au Brésil, le président Lula n'a fait aucune réforme sans démocratie participative, c'est à dire sans associer l'intelligence des citoyens qui ont le droit de dire ce qu'ils pensent de leur avenir.
Et la retraite est un bien commun fondamental, c'est un des piliers de la sécurité sociale et il ne faut pas s'étonner aujourd'hui que les fran
çais résistent et veulent construire autre chose ensemble."

Alors que Fabien Namias l'interrogeait sur la poursuite du mouvement au delà du vote de mercredi au Sénat et de son éventuelle radicalisation en cours, Ségolène Royal a réitéré son appelle aux sénateurs :

"Il peut se passer quelque chose au Sénat. Je lance très clairement un appel aux centristes, à la droite modérée et bien sûr aux socialistes qui sont là et qui ont fait un travail formidable avec Jean-Pierre Bel comme à l'Assemblée Nationale. Ils ont fait un travail formidable pour que le débat démocratique, c'est à dire la démocratie représentative, fonctionne bien.
Je souhaite que le Sénat dans une démarche consensuelle demande au gouvernement de renouer le dialogue, d'ouvrir les discussions. Que se passe-t-il quand il y des blocages, que ce soit dans une entreprise ou dans une famille, on ne reste pas comme ça face à face, il y a une médiation. Et la chambre des sages pourrait très bien décider de faire ce travail de médiation
."

Le gouvernement doit "renoncer au rapport de force et associer l’intelligence des citoyens qui ont le droit de dire ce qu’ils veulent pour leur avenir", a ajouté Ségolène Royal. "Plus la mobilisation demain sera déterminée, plus le Sénat mercredi sera en position de demander au gouvernement de reprendre le dialogue."

"Personne ne souhaite le blocage d’un pays", a assuré Ségolène Royal. "Pour lever le blocage, il faut reprendre le dialogue. Ils pensent qu’en faisant le rapport de force ils vont retourner l’opinion publique. Ils se trompent", a-t-elle expliqué, en évoquant un exécutif "affaibli", soumis "au supplice de la goutte d'eau" du remaniement et qui "n’est pas au travail".