Ségolène Royal

 

Ce lundi soir, Ségolène Royal a annoncé dans une interview à la Nouvelle République sa candidature aux primaires du parti socialiste.

Voici cette interview :

1. A la Nouvelle République nous vous suivons quotidiennement depuis plus de vingt ans ; en 2004 vous remportez la Région Poitou-Charentes haut la main et, depuis, vous avez choisi de faire de ce territoire un laboratoire d'idées : après l'excellence environnementale, la croissance verte. Ces thèmes sont-ils transposables à l'échelle d'une nation?

C'est évident, surtout quand les idées se traduisent en actions efficaces. Regardez le succès du pôle d'excellence des industries écologiques. Toutes les PME de ce secteur créent des emplois . Nous avons gagné le combat de la voiture électrique dont les prototypes sortent des chaînes d'Heuliez, usine dont j'ai empêché la délocalisation en entrant avec la région à son  capital. De nombreux autres exemples peuvent illustrer la réussite des entreprises qui innovent comme je l'ai prouvé en remettant il y a trois jours les trophées de la croissance verte à dix entreprises industrielles d'avenir pour lesquelles la region a mobilisé des financements intelligents et de la formation professionnelle. Vous imaginez la puissance de développement si l'Etat apportait une impulsion, une banque publique speciale PME, une fiscalité adaptée, un encouragement clair aux énergies renouvelables, à l'éco-habitat, aux procédés innovants, à la valorisation de la bio masse, aux circuits courts en agriculture etc...Appuyée sur la preuve par l'action, je defends la volonté de faire de la France la première puissance écologique mondiale, calculée par habitant.


2. En 2010, lors de votre second mandat à la présidence du conseil régional  vous avez été la seule, en France,  à fédérer sur l'échiquier politique une alliance qui a réuni de la gauche radicale aux centristes humanistes. Cela a payé, vous avez été élue avec + de 60% des voix. Cette nouvelle composition est-elle possible pour gagner contre la droite  en 2012 ?

 

Oui il faut rassembler le plus largement possible autour d'un projet de gauche et écologiste.

Et créer les conditions d'un élargissement de cette alliance entre les deux tours. La gravité de la crise sociale, morale, économique, le recul de l'impartialité de l'Etat et de la séparation des pouvoirs, l'explosion des déficits, la montée de la misère, le recul de toutes les sécurités, tout cela exige des réformes difficiles et donc une majorité large capable de réaliser un programme crédible, porteur de confiance, de justice et d'espérance. Notamment pour les jeunes avec un pacte de confiance national pour l'emploi des jeunes qui doit être une grande cause nationale, en conditionnant les aides aux entreprises à l'obligation de prendre des jeunes en emploi, en alternance, en apprentissage. Le service civique doit être aussi puissamment développé : par exemple, je viens de signer avec Martin Hirsch pour cinq cents à deux mille places dans ma région.

3. Etes-vous celle qui peut porter ce projet de rassemblement en vous positionnant comme la candidate la mieux placée dans un dispositif gagnant?

C'est le vote de tous les Français qui viendront s'exprimer dans les primaires qui dira qui est le mieux placé pour gagner et pour changer. Les conditions d'un bon déroulement des primaires viennent d'être posées par le PS et c'est tout à son honneur. Nous l'avons promis, les militans l'ont voté, nous le faisons. Il n'y aura pas de guerres des chefs, les Français ne nous le pardonnerai pas. Ce sera un débat de qualité tourné vers les problèmes à résoudre et dans un bon esprit qui entraînera l'union de tous les responsables socialistes autour de celui ou celle qui sera ainsi désigné. C'est ce mouvement démocratique inédit qui donnera envie à d'autres forces de nous rejoindre et aux électeurs de venir voter. Car le doute est profond envers l'efficacité de la politique, les gens ne savent pas clairement ce que les socialistes feraient et donc l'abstention est un vrai risque.

4. Laurent Fabius a déclaré, hier dimanche, sur Soir 3 politique, que le calendrier des candidatures aux primaires était fixé en juin 2011 pour tout le monde y compris pour DSK, qu'il soutiendra s'il se présente.  Les choses se précipitent, certains n'ont pas attendu cette date butoir comme Valls et Montebourg  récemment.  Etes-vous, Mme Royal, candidate aux primaires du parti socialiste ?

J'ai longuement réfléchi et beaucoup consulté. Le moment est venu d'avancer dans la clarté et la simplicité : ma réponse est oui. Je sais d'expérience qu'il faut plus que quelques mois pour se préparer et pour rassembler.

Qui ne voit que la droite est déjà en campagne et d'ailleurs elle ne s'en cache pas. Je vais continuer à faire de ma région un laboratoire économique, social, écologique, éducatif, je vais accepter les invitations à la rencontre des Français, ceux qui souffrent comme ceux qui espèrent.

Ecouter les Francais - ils l'ont si peu été ces derniers temps alors qu'ils ont tant à dire! - pour agir juste, et les convaincre que nous devons et pouvons ensemble prendre notre destin en mains, avec un espoir de progrés pour eux, pour leurs enfants, et pour relever la France.