Ségolène Royal rencontrait ce mardi 14 décembre 2010 les anciens ouvriers de LU licenciés en 2001 par Danone alors que le groupe du CAC40 réalisait d'importants bénéfices.

 

 

« La proposition que je fais, c'est que la décision de la cour d'appel qui sanctionne les licenciements boursiers soit inscrite dans la loi.
Et qu'il y puisse maintenant y avoir un contrôle sur les entreprises du CAC 40 qui font beaucoup de profits et qui se permettent malgré ces profits de licencier et de fermer des usines. Danone a doublé de valeur et pourtant elle a fermé cette usine et jeté sur le carreau ses salariés, dont certains ont mis fin à leurs jours. Ce n'est pas acceptable dans la France d'aujourd'hui. » a déclaré Ségolène Royal aux anciens de LU.

En effet après 10 ans de lutte, la cour d'appel de Paris a jugé le 2 décembre dernier que les licenciements des « LU » étaient « sans cause réelle et sérieuse » et a condamné Danone à des dommages et intérêts.

 

Ségolène Royal a aussi proposé de conditionner les aides publiques aux entreprises à leur engagement à ne pas licencier et à ne pas délocaliser lorsqu'elles font des bénéfices en plaidant pour un Etat responsable et fort :

« On peut construire une société de confiance dans laquelle les salariés ont la garantie qu'ils sont respectés, qu'il y a des règles et que les grandes entreprises qui font énormément de profits, le grand capital financier se voient également appliquer des règles par un état suffisamment fort, suffisamment responsable, suffisamment puissant pour imposer des règles de la vie en société, des droits et des devoirs à chacun. 
Les entreprises ont des droits, elles bénéficient d'un environnement positif, elles ont bénéficié du travail des salariés pendant des années et en contrepartie elles ont des devoirs. »

Et s'adressant directement aux ouvriers de LU, Ségolène Royal a conclu :
« la grande victoire que vous avez remporté aujourd'hui doit servir à tous les salariés de France. »

Avant cette rencontre avec les anciens ouvriers et salariés de LU, Ségolène Royal visitait à quelques mètres de là dans une « école de la deuxième chance ». L'établissement, qui obtient plus de 70 % de sorties positives, accueille des jeunes déscolarisés ou en difficulté pour les remettre dans le circuit, soit en leur trouvant une formation, soit en les préparant à la vie active. Une vingtaine de jeunes ont dialogué avec Ségolène Royal et ont partagé avec elle leur expérience.

La candidate à l'élection présidentielle a écouté ces jeunes qui se donnent une deuxième chance :
"Faut s'accrocher" leur a-t-elle dit, "Il faut montrer que si on a échoué une fois, la deuxième devra être la bonne".