Invitée du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, Ségolène Royal s'est à nouveau engagée à interdire les licenciements boursiers, comme elle l'avait fait devant les salariés de LU-Danone en décembre dernier.

Evoquant ses discussions à Bully-les-Mines avec les associations caritatives de la ville, Ségolène Royal a expliqué :

"Il se passe quelque chose en France qui n'existait pas, il y a encore quelques mois (...). Ceux qui s'adressent aujourd'hui aux associations caritatives, au Secours Ouvrier dans le Nord, au Secours Catholique, aux Restaurants du Coeur, ceux qui s'adressent à eux sont des salariés, des salariés qui n'arrivent plus à faire vivre leur famille avec leur salaire, ce sont des retraités qui n'arrivent plus à vivre avec leur retraite. C'est à dire qu'une fois qu'ils ont payé le loyer, les charges, l'essence, ils n'arrivent plus à boucler les fins de mois alors qu'ils ont un travail, une retraite qui est le fruit d'un travail de toute une vie.
On est plus dans le déclassement social, on est dans le chaos social. Et l'inquiétude monte. (...) En face de cela, on voit des comportements qui sont intolérables de la part des grandes entreprises, de la part des multinationales qui pratiquent ce que j'appelle, ce que les tribunaux appellent des licenciements boursiers."

Ségolène Royal a ensuite lu le jugement du tribunal en faveur des salariés de LU et précisé que ses principes devaient être inscrits dans la loi pour qu'à l'avenir :
"Toute entreprise qui est en phase de croissance, dont les profits augmentent ne [puisse] en aucun cas prétendre à des licenciements pour cause économique."

Voici en vidéo un extrait de ce passage (montage LCI) :

Ségolène Royal a aussi été longuement interrogée sur la Révolution tunisienne :
"Aujourd'hui si le peuple tunisien continue de protester, c'est parce qu'il y a encore des ministres de l'ancienne équipe dans l'actuel gouvernement et les choses ne se calmeront pas tant que ces ministres ne partiront pas." Elle a souhaité que "tous les responsables de bonne volonté (fassent) comprendre à ce gouvernement provisoire le message très simple du peuple tunisien: ils ne veulent pas voir des membres de l'ancienne équipe organiser les élections". La candidate de la gauche à l'élection présidentielle de 2007 a souligné qu'elle était la "première responsable politique" à dire "des choses aussi simples, aussi évidentes", à savoir "que les ministres de l'ancienne équipe quittent le gouvernement tunisien".

Voici l'émission dans son intégralité (audio) :