Vendredi 28 janvier, Ségolène Royal ouvrait à Grenoble les Etats Généraux du Renouveau organisés par Libération en partenariat avec Marianne et la Fondation Jean Jaurès.
Invitée à débattre avec l'ancien premier ministre, Dominique de Villepin d'"un nouveau souffle pour la République", Ségolène Royal avait auparavant choisi de rendre visite aux habitants et aux associations du quartier de l'Abbaye sur le thème de l'éducation et celui de Villeneuve, victime de violence l'été dernier.

Aux 1000 personnes venues assister au débat et à Dominique de Villepin qui défendait la nécessité d'une réforme des institutions, Ségolène Royal a expliqué ainsi sa conception du renouveau de la République :

"Dominique de Villepin vient d’aborder la question de la réforme des institutions. C’est un sujet effectivement central pour vivifier la République. La question est de savoir au nom de quoi nous voulons faire une réforme des institutions. Au fond la réponse est simple :

La République, c’est un combat pour remettre le peuple au cœur de la décision politique.

La République, c’est ce qui est fait par le peuple, pour le peuple.

Et à partir de cet objectif politique majeur et pour éclairer nos débats par l’action de héros, de combattants de la République d’aujourd’hui, je voudrais pour commencer par rendre hommage à 3 héros d’aujourd’hui.

Vous allez voir ils n’ont pas beaucoup de liens les uns avec les autres mais chacun illustre l’un des grands principes de notre République.

Le premier nous rappelle que la République est fille de la Révolution française et de la soif de Liberté et de Justice. C’est le soulèvement des peuples et en particulier du peuple tunisien.

Le second, c’est une femme qui me paraît être une héroïne du combat de la République d’aujourd’hui. Parce qu’elle nous rappelle que la République est incompatible avec la collusion du pouvoir politique, du pouvoir de décider et du pouvoir de l’argent.
Cette héroïne c’est Irène Frachon, qui a dénoncé le médiator, le médicament qui tue. Et elle l’a fait avec une énergie, un courage, malgré les pressions de toutes sortes, malgré les menaces et au bout du compte elle a réussi à se faire entendre. Et c’est cela une héroïne de la République d’aujourd’hui.

Et puis j’ai envie de citer les héros contemporains de la République d’aujourd’hui, ceux qui agissent tous les jours, en première ligne, auprès des citoyens, pour défendre le lien républicain, dans les endroits où c’est le plus difficile. Et pour moi, les héros de la République sont aussi les hommes et les femmes que j’ai rencontré ce matin à Grenoble avec Michel Destot dans le quartier de l’Abbaye, les enseignants, les animateurs sociaux, les directeurs des maisons de la jeunesse et de la culture, la directrice de la structure passerelle celle qui se bat avec l’école primaire avec le collège dans un quartier où le taux de chômage est de 43%. Ou à l’école maternelle où les enfants sont issues de familles où 45% d’entres elles sont en dessous du seuil de pauvreté, 23% des familles sont monoparentales. Et bien la République c’est cela aussi, tenir la promesse républicaine d’une école qui est partout. Et c’est le message qui consiste à dire qu’aucun quartier ne doit être abandonné par la République.

Si j’ai choisi de mettre en valeur, ces 3 types d’héroïsmes de la République d’aujourd’hui, c’est parce que la République doit tenir sur ses 2 jambes. La jambe démocratique et la jambe sociale. La jambe démocratique, c’est en effet la réforme des institutions, la démocratie parlementaire, sociale, la démocratie participative, la démocratie territoriale, qui ont sans cesse besoin d’être revivifiées, d’être améliorées et même crées.

Et puis bien sûr l’autre jambe, c’est la justice sociale, parce que notre République est à la fois démocratique et sociale. Et cela ne l’oublions pas.

La réforme des institutions n’est qu’une des parties du nouveau souffle à donner à la République. Depuis Jaurès qui s’est battu pour que la République devienne une République à dimension sociale. Depuis le Front Populaire qui s’est battu pour que la République ait une dimension sociale, depuis le Conseil National de la Résistance qui a repris ce combat de la République sociale parce qu’il fallait bien que le travail du Conseil National de la Résistance soit à la hauteur du sacrifice de ceux qui ont donné leur vie dans la résistance. Et puis 1981 avec François Mitterrand, c’est la continuité de l’œuvre qui donne à la République une dimension sociale très forte et qui reprend l’œuvre du Front Populaire avec la 5ème semaine de congés payés, avec la retraite à 60 ans, avec les 39h et les lois Auroux, et le relève du SMIC et des bas salaires.

Pourquoi cette œuvre ? Parce que la République est aussi essentiellement à dimension sociale.

Il me semble qu’aujourd’hui le principal combat est à égalité entre une réforme des institutions dont parlait Dominique de Villepin sur laquelle il peut y avoir convergence entre les républicains mais que le combat essentiel aujourd’hui, ce à quoi aspirent les Français aujourd’hui, c’est la dimension sociale de la République, avec l’aspiration à plus de justice, à plus d’égalité, dans une société où finalement les agences de notation ont plus de pouvoir que le peuple.

Ce combat là est permanent. Ce combat républicain n’est jamais achevé et il s'accomplit avec le peuple."

 

Ségolène Royal a été fortement applaudie lorsque, évoquant la priorité à donner à l'école en 2012, elle a souhaité rétablir l’année de formation supprimée en IUFM aux futurs enseignants, parce que ce métier si important pour notre avenir ne peut pas être le seul que l'on apprend pas!
Même applaudissements nourris lorsque Ségolène Royal a proposé l'interdiction des licenciements boursiers, en s'appuyant sur la décision de justice en faveur des ouvriers de LU-Danone, qui annule les licenciements dont ils ont été victimes, au vu des résultats en augmentation de l'entreprise !

Voici l'intégralité du débat de Grenoble "un nouveau souffle pour la République" :

 

Ce lundi 31 janvier, Ségolène royal fait approuver par sa région de nouvelles actions dans le pacte pour l'emploi des jeunes.

Ce mercredi 26 janvier, Ségolène Royal était aussi l'invitée avec l'écrivain Jean-Marie Rouart de l'émission "Face aux Français" sur France 2. Retrouvez l'intégralité de l'émission ici.

Retrouvez aussi sur le site de Désirs d'Avenir, l'intégralité des débats de l'université populaire participative exceptionnelle organisée par Ségolène Royal  :
"Crise de l'Euro, Crise de l'Europe : Quelles solutions?" avec Jacques Attali, Susan George (ATTAC), Philippe Aghion (Harvard), Jean-Louis Bianco...