En Libye, une situation d’urgence et de menace immédiate pour la sécurité des populations civiles a rendu nécessaire et légitime, il y a maintenant quatre mois, une intervention militaire sous mandat des Nations Unies. Face au régime dictatorial de Mouammar Kadhafi qui mène une répression sanglante contre sa population civile, la responsabilité de la communauté internationale est d’assurer une protection, conformément au droit international.

Le groupe socialiste vote aujourd'hui à l'Assemblée nationale en faveur de la poursuite de l'engagement français en Libye. C’est une décision responsable que j’approuve pleinement. Cette intervention se fonde sur un mandat clair : la résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l'ONU qui ouvre la possibilité d’utiliser tous les moyens, y compris militaires, pour protéger les populations civiles de Libye. Seule une intervention au sol est exclue.

Néanmoins, je rappelle qu’au-delà de l’intervention militaire, une solution politique est indispensable pour aboutir au départ de Mouammar Kadhafi, pour l’avenir de ce pays et sa transition démocratique. L'action militaire ne suffira pas à elle seule à donner à la Libye la paix et à engager ce pays sur la voie de la démocratie et des droits de l’Homme.

Les pays de la région ont joué un rôle déterminant dans le secours à la population libyenne, en particulier la Tunisie et l'Égypte. Ces pays, eux-même en transition démocratique, doivent être fortement aidées par la communauté internationale au plan humanitaire. L'Union européenne doit se montrer solidaire et apporter rapidement des réponses économiques et politiques à cette crise ouverte sur la rive sud de la Méditerranée.

Enfin, comme l'ont rappelé les députés socialistes, il est temps de mettre un terme au silence du gouvernement sur un certain nombre de questions concernant l'opération militaire menée par la France et sa position sur la répartition de l’effort entre alliés. Cette absence de transparence vis-à-vis des Français est du quasi-jamais vu. Aucun bilan complet des actions menées sur place n'a été transmis aux Parlement et aux commissions de la Défense et des Affaires étrangères. Il est essentiel que le débat d'aujourd'hui apporte tous les réponses nécessaires et aboutisse à une totale transparence.

La France doit être au côté de tous les peuples qui conduisent des révolutions démocratiques et qui se battent pour leur liberté. Depuis plusieurs mois, les Syriens manifestent pour réclamer la fin du régime de Bachar Al Assad. Les dirigeants syriens répondent aux exigences légitimes des manifestants par une répression féroce causant des centaines de morts, des milliers d'arrestations, des dizaines de milliers de réfugiés à l'intérieur comme à l'extérieur du pays. La France doit prendre l’initiative de proposer des sanctions immédiates contre les auteurs de la répression. L'Union européenne et la communauté internationale doivent enfin agir efficacement pour mettre un terme à cet inacceptable recours à la force contre la population.

 

 

Par ailleurs,  je serai l’invitée du journal télévisé de 20 h sur France 2, ce Dimanche 17 Juillet 2011.

 

Ségolène Royal