Etats-Unis d'Amérique

Les cercles vertueux du web et du terrain : quelques leçons de la campagne d'Obama

Il est banal de souligner, parmi les raisons majeures de la victoire d’Obama, la formidable force de frappe de sa campagne «  on line »  et son impeccable maîtrise de la culture juvénile des « réseaux sociaux » (FaceBook, MySpace, etc.) : des outils performants et diversifiés, des techniques collaboratives optimisées, une équipe de pros, étoffée et pilotée par les meilleurs.

Il est banal également de citer, à l’appui de cette efficacité internautique, son rendement en matière de collecte de fonds à travers, notamment, la mobilisation massive des petits donateurs.

Cette cyber-campagne a enthousiasmé les internautes et valu à Obama le soutien quasi-unanime de la Silicon Valley. Les publicitaires français se pâment (cf. article des Echos). Les adeptes du marketing participatif y reconnaissent leur manière de mettre le consommateur à contribution.

La plus belle définition de la démocratie (Lettre d'Amérique 5)

"Mon voyage en Amérique s'est achevé aujourd'hui. Une nouvelle ère a débuté, le changement est en marche. Barack Obama a pris une décision symbolique, la première : comme il l'avait promis, la prison de Guantanamo sera fermée d'ici un an. L'Amérique est fière à nouveau, fière du visage qu'elle offre au monde.

En quittant Washington, en dialoguant à l'aéroport avec des Américains, je sens une confiance nouvelle, dénuée d'arrogance. Je mesure la force tranquille que donne la volonté de renouer avec un destin collectif. Un pays divisé est un pays affaibli, nerveux, aux aguets, perméable aux tentations violentes. Un pays uni est fort, capable de surmonter les épreuves sans chercher à en imposer aux autres.

Le discours de Barack Obama (Lettre d'Amérique 3)

" Mardi 20 janvier, Washington, au café Millot, Dermon Avenue

Depuis ce café très proche des cérémonies, je vous envoie cette lettre.

Dès cinq heures du matin dans un froid glacial, des centaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants de tous âges, de toutes les couleurs et de toutes conditions - ce que Barack Obama a appelé le « patchwork of our heritage » - ont convergé vers le Mall pour vivre ce moment historique. Comme s’ils voulaient s’assurer que tout cela était bien vrai !

Et c’est sans compter les milliards d’autres qui, à travers les écrans de télévision du monde entier, et je pense en particulier au continent africain, avaient au même moment les yeux rivés sur cette façade ouest du Capitole.

Sur une petite phrase et sur l'essentiel (Lettre d'Amérique 4)

Chères amies, chers amis,

Je viens de prendre connaissance des commentaires moqueurs sur les radios, ce matin, au sujet d’une de mes déclarations sur la campagne de Barack Obama, que j’aurais « inspirée ».

Je comprends que cette phrase ait pu surprendre ceux qui, à distance, n’avaient ni le son ni l’image : « Son ego est devenu totalement démesuré ! », se sont-il dit…

Alors, quelques précisions pour les rassurer.
Après une conférence de presse centrée sur le moment historique que nous vivions, moment auquel je participe au milieu du peuple américain, en toute humilité et sans protocole, c’est à une question amicalement provocatrice d’un des journalistes que j’ai répondu de façon humoristique ! Intention bien comprise par l'AFP, comme on peut le voir sur la vidéo de l'interview et comme en atteste la dépêche*.

Premières journées à Washington (Lettre d'Amérique 2)

Dimanche 18 janvier

Première journée de déplacement a Washington. Bain de foule à pied, au milieu de plusieurs centaines d’Américains venus, malgré le froid glacial, écouter le message de fraternité et d’unité délivré par Barack Obama. L'émotion est palpable partout. On sent une effervescence. Une attente aussi. Comme le dit celui qui sera président dans quelques heures, nous vivons un « defining moment », un moment historique. Un moment qui ouvre à nouveau l'espace des possibles.

Dimanche, sur le Mall de Washington, au pied du Lincoln Memorial, était organisé un concert-symbole, dont vous avez sans doute vu les images. Le nom de ce concert : «We are one». L'événement est énorme, comme le disent les Américains et Barack Obama lui-même. Le Lincoln Memorial est porteur d'une mémoire vive, une mémoire d'espoir, une mémoire de combat.