La Traite Négrière

10 mai 1802 : Proclamation de Basse Terre (Guadeloupe)

« A L'UNIVERS ENTIER LE DERNIER CRI DE L'INNOCENCE ET DU DESESPOIR »

C'est dans les plus beaux jours d'un siècle à jamais célèbre par le triomphe des lumières et de la philosophie, qu'une classe d'infortunés qu'on veut anéantir se voit obligée d'élever sa voix vers la postérité pour lui faire connaître, lorsqu'elle aura disparu, son innocence et ses malheurs.

Exposé des motifs de la proposition de loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crimes contre l'humanité

(enregistrée le 22 décembre 1998)

Mesdames, Messieurs,
Il n'existe pas de comptabilité qui mesure l'horreur de la traite négrière et l'abomination de l'esclavage.Les cahiers des navigateurs, trafiqués, ne témoignent pas de l'ampleur des razzias, de la souffrance des enfants épuisés et effarés, du désarroi désespéré des femmes, du bouleversement accablé des hommes. Ils font silence sur la commotion qui les étourdit dans la maison des esclaves à Gorée. Ils ignorent l'effroi de l'entassement à fond de cale. Ils gomment les râles d'esclaves jetés, lestés, par-dessus bord.

Loi n°2001-434 du 21 mai 2001

Loi n°2001-434 du 21 mai 2001 (date de sa promulgation), tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité

Article 1

La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'Océan indien, d'une part, et l'esclavage, d'autre part, perpétrés à partir du 15ème siècle aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'Océan indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité.