Entreprise et Travail

Synthèse de l'Université sur la souffrance au travail

Guy Eyermann lors de l'Université sur le Travail

Souffrance au travail, salariés bridés, chômage explosif :

Les salariés peuvent-ils encore croire en la valeur travail ?

 

Le 28 octobre 2009, 500 personnes se sont réunies dans la grande salle de la mairie du IVe arrondissement de Paris, pour participer à l’Université Populaire Participative organisée à l’initiative de Ségolène Royal, par Désirs d’Avenir, sur la souffrance au travail. Neuf personnalités étaient invitées à intervenir : Hélène Cixous, écrivain et philosophe ; Dominique Duval et Guy Eyermann, syndicalistes, salariés de l'entreprise Fabris (Châtellerault) ; Michel Gollac, sociologue du travail au Centre de recherche en économie et statistiques (CREST) ; Gaëtan Gorce, député de la Nièvre ; Paul Moreira, journaliste auteur de Travailler à en mourir ; Yves Perrot, chef d'entreprise, président du  Centre des jeunes dirigeants ; Yvan du Roy, journaliste auteur de Orange stressée ; Anna Sam, caissière en supermarché, auteur de Les tribulations d'une caissière. De nombreuses interventions du public ont enrichi le débat de nouvelles idées et de témoignages. Toutes les interventions sont consultables sur cette page en cliquant ici.

Le postulat de l’Université était, dans le contexte de la tragédie des suicides à France Telecom, que les modifications de l’organisation du travail depuis de nombreuses années imposent non seulement de prendre conscience collectivement de la souffrance parfois extrême des travailleurs en France, mais aussi de mener une réflexion profonde sur les raisons de la crise actuelle du travail, et de proposer rien moins qu’une nouvelle manière de travailler en France.

Ségolène Royal, dans son introduction, a souligné que la crise du travail relevait d’une crise plus profonde : une « crise de civilisation ». Dans un temps où les inégalités de revenus ne cessent d’augmenter, où les très forts taux de chômage exercent une pression toujours plus forte sur celles et ceux qui ont un emploi, la question est de savoir ce qu’il reste de la valeur travail. L’enjeu de la réflexion est donc de taille : comprendre — et proposer — comment faire du travail non plus une source de souffrance, mais, ce qu’il ne devrait jamais cesser d’être, une source d’épanouissement individuel, dans l’intérêt de la communauté.

 

1. Comprendre la diversité des souffrances au travail :

La démocratie participative en entreprise : comment ça marche ?

Cette université populaire participative (UPP), qui s'est tenue le 15 octobre, était animée et présentée par Laurence Hervé[1]

Après une courte introduction de la part d'Yvette Ferrand, animatrice du comité local de DA37, Laurence Hervé, dirigeante d'une PME et par ailleurs adjointe au maire de Joué lès Tours rappelle deux définitions :

- Qu'est ce que la démocratie participative?

C'est une forme de partage et d'exercice du pouvoir fondée sur le renforcement de la participation des citoyens à la prise de décision politique.

- Qu'est ce que le management participatif?

C'est un mode de direction qui tend à valoriser la collaboration du personnel dans une vision humaniste de l'entreprise.

« Cette nouvelle vision de l'homme amène les théoriciens à affirmer l'importance de la prise en compte de la « dimension humaine de l'entreprise ».

Pour que l'individu au travail soit plus performant, pour que le nombre de conflits diminue et qu'objectifs personnels et organisationnels se rapprochent, il faut développer un nouveau management qui respecte le besoin de chacun d'être reconnu en tant qu'être humain : c'est la naissance du management participatif. »

 

Florence Aubenas Le quai de Ouistreham

« J’ai conservé mon identité, mon nom, mes papiers, et je me suis inscrite au chômage avec un baccalauréat pour seul bagage. Je suis devenue blonde. Je n’ai plus quitté mes lunettes. Je n’ai touché aucune allocation. Il était convenu que je m’arrêterai le jour où ma recherche aboutirait, c’est-à-dire celui ou je décrocherai un CDI. Ce livre raconte ma quête, qui a duré presque 6 mois, de février à juillet 2009 »

Dépendance : le temps d'agir

L’ensemble des experts qui se sont exprimés dans ce débat s’accordent, sous différents points de vue - social, économique, politique…- pour considérer que si le vieillissement de la population constitue une formidable avancée pour nos sociétés, ses conséquences presque mécaniques en matière de dépendance, font de la prise en charge d’un nombre croissant de personnes très âgées en perte d’autonomie un défi d’une ampleur inconnue jusqu’alors, qui ne peut que s’accentuer rapidement.

Total : le combat continue

C'est fait. La CGT a appelé à la levée de la grève dans les raffineries françaises. Le groupe Total s'y est engagé : en dehors du site de Dunkerque, dont le sort sera scellé à l'issue du Comité central d'entreprise du 8 mars, les cinq autres raffineries de l'Hexagone seront préservées pour les cinq années à venir. Une victoire dont tout le mérite revient aux salariés de Total, courageux et solidaires face à une direction dont la stratégie est aujourd'hui implacable.

La souffrance au travail : encore et toujours…

C’est dit, et presque fait. Didier Lombard passe les rênes de France Telecom à Stéphane Richard, actuel n°2 de l’entreprise publique. Les hommes passent. Le problème des conditions de travail, hélas, demeure. Pas uniquement à France Telecom. Dans d’autres services publics, à Pôle emploi notamment, et dans le privé, dans l’industrie, dans les services, dans le monde agricole.

« Souffrances au travail : les salariés peuvent-ils encore croire en la valeur travail ? »

Contribution de Ségolène Royal

Mes chers amis,

Je suis très heureuse que nous nous retrouvions pour cette nouvelle Université populaire de Désirs d'Avenir qui sera, comme les précédentes, accessible à tous sur notre site Internet. Car tel est l'esprit de ces rencontres : mettre en commun des savoirs, des points de vue, des expériences qui nous aident à comprendre les mutations du monde d'aujourd'hui et à réfléchir très librement aux propositions que nous voulons porter pour la France.