La candidature de Ségolène Royal à la présidentielle française de 2007

Ma contribution va certainement en surprendre plus d’un-e ici, mais que voulez-vous, je suis un original et je l’assume. L’évènement qui a le plus marqué mon existence ces 10 dernières années est la candidature de Ségolène Royal à la présidentielle française de 2007. Cet évènement a renforcé mon implication féministe et éveillé ma conscience politique. Pour la première fois une femme, socialiste, s’est retrouvée au second tour d’une élection présidentielle en France, pays soit-disant développé (l’adjectif concerne sûrement plus les technologies que les consciences). Mieux : elle n’est pas passée très loin de la victoire, alors que l’élection présidentielle précédente avait laissé le PS dans un état de mort clinique. Evènement historique qui, s’il démontre en lui-même que les mentalités ont évolué, a révélé également que les combats féministes sont loin d’être obsolètes en France. Que n’a-t-elle pas enduré, avant, pendant et depuis cette candidature ?... Insultes sexistes, « bons mots » et formules assassines des patriarches, coups bas, menaces, tentatives d’intimidation, procès d’incompétence et autres tentatives de dénigrement, bâtons dans les roues, trahisons, alliances hétéroclites et contre-nature pour lui faire barrage, trucages électoraux, rien ne lui a été épargné, et les coups ont fusé de ses opposants idéologiques comme de son propre camp. Signe de l’importance de cet évènement, jamais un-e candidat-e à la plus haute fonction de la nation n’a suscité autant de passion de la part de ses soutiens et de haine de la part de ses opposants.

Si l’évènement revêt à mon petit niveau une importance particulière, la victoire de Ségolène Royal à la tête de la France aurait pu être à l’échelle mondiale une pierre de plus à l’édifice de l’évolution humaine. Espérons que les consciences auront encore évolué au début de la prochaine décennie.