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Mardi, 05 avril 2011

Synthèse de l'Université "Crise de l'Euro, crise de l'Europe : quelles solutions ?"

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Au sommaire

 

1. Il faut démocratiser l'Europe.

C'est cette analyse qui a justifié le titre de l'Université, et c'est par elle que Ségolène Royal l'a introduite :

« La question que nous abordons ce soir, la question de la crise de l’euro, de la crise de l’Europe (…), c’est bien sûr une question économique, c’est bien sûr une question sociale, mais c’est peut-être avant tout une question démocratique majeure ».

C'est que, en même temps que l'on constate l'influence grandissante, sur la situation française, de la situation européenne, le déficit démocratique de la construction européenne perdure.

Alors que, comme l'a souligné Ségolène Royal,

« les Français (…) subissent une politique très dure de la part du gouvernement en place (…) au nom de la crise financière internationale »,

les citoyens ne sont ni suffisamment informés des activités européennes, ni suffisamment impliqués dans ces activités, ni écoutés quand la parole leur est donnée, comme ce fut le cas lors de la remise en cause, par le traité de Lisbonne, du vote français au référendum de 2005.

Dans son intervention, Susan George a beaucoup insisté sur le déni démocratique en Europe, notamment en faisant référence au référendum de 2005 :

« Après ce vote de la France et de la Hollande, l’accueil, si je puis dire, démocratique, faisait quelque peu défaut. D’abord, les élus français ont tous crié comme des orfraies, mais Günter Verheugen a la palme, je crois, à l’époque vice-président de la Commission, qui disait : « Après ce vote, il ne faut pas céder au chantage. »Et voilà pour la souveraineté populaire et le vote des citoyens ! On passe là-dessus ! – ce qui ne nous a pas étonnés mais nous a attristés une fois de plus. »

S'il n'y est pas remédié, le déni démocratique en Europe, continuera d'avoir de graves conséquences politiques et sociales. Dans de telles conditions, comment, en effet, les citoyens français et européens pourraient-ils ne pas céder au fatalisme, à la certitude de l'inutilité de la politique et à l'impression de l'indistinction de la gauche et de la droite ? Dès son introduction, Ségolène Royal a rendu compte ainsi de ce risque :

« [Aujourd'hui], on dit [aux Français] : « finalement, ça ne peut pas être autrement, il n’y a pas d’autres solutions, ce n’est pas de notre faute, c’est de la faute de la crise financière internationale, de la crise mondiale et de la guerre des monnaies. »  (…) A ce moment-là, les citoyens vont se dire (…) : « finalement la politique ne sert à rien, finalement, que ce soit la droite ou la gauche, ça ne changera rien, puisqu’on subit tous la même crise internationale. » Et la seule issue à ce sentiment d’inutilité de la politique, ce seront les discours simplistes, ceux qui, par exemple, remettent en cause même l’appartenance à la zone Euro. Ceux qui disent : « vous voyez, on vous avait promis l’euro, (…) on vous avait dit qu’avec l’Euro, tout allait bien se passer, il y aurait de la croissance, il y aurait de l’emploi, il y aurait le développement économique et aujourd’hui, nous subissons une crise terrible ! » (…) Le nier, c’est nier la réalité de ce que pensent et de ce que nous disent aujourd’hui les Français. »

Il revient donc à la gauche de se fixer deux objectifs :  au niveau européen, la démocratisation des institutions ; au niveau national, la démonstration que des marges de manoeuvre existent pour la mise en oeuvre d'un socialisme moderne, à même de fonder une nouvelle politique, radicalement différente, dans le contexte mondialisé et européen, de la traditionnelle austérité libérale de la droite. C'est sur ce dernier point que Ségolène Royal a achevé son introduction, en en faisant la problématique générale de l'Université :

« La question essentielle (…), c’est de savoir quelle est la marge de manœuvre politique, pour une politique nationale qui contrecarre les effets de la crise financière internationale. Quelle est la marge de manœuvre des gouvernements démocratiques qui ont envie de peser sur la crise financière internationale ? Quelles sont les décisions opérationnelles qui peuvent être prises pour maîtriser cette crise qui fait tant de chômage, tant de malheurs, tant de précarité, tant d’injustices, tant d’inégalités et qui permet à des gouvernements en place de justifier leur inaction ou leurs mauvaises actions par la gravité de cette crise financière internationale ? ».

 


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