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Démocratiser et moderniser l'école

A la tête d'un Ministère auquel seront rattachés par la suite les Secrétariats de la jeunesse, des sports et de la Recherche, épaulé par des Secrétaires d'État comme Léo Lagrange ou Irène Joliot-Curie, Jean Zay se montre un politique novateur particulièrement prolifique. Il propose la mise en oeuvre d'une démocratisation et d'une modernisation du système scolaire. Obligatoire et gratuite depuis Jules Ferry (pour l'école élémentaire), l'école est toutefois trop compartimentée socialement. Les enfants des classes aisées et ceux des classes populaires suivent des filières différenciées. « Si nous devons à l’école de Ferry le cadrage politique de l’enseignement et sa définition républicaine laïque, nous devons à Jean Zay son ambition sociale. » (Olivier Loubes). Le projet de réforme de l'enseignement qu'il dépose en mars 1937 précise ses objectifs : « La justice sociale n'exige-t'elle point que, quel que soit le point de départ, chacun puisse aller dans la direction choisie aussi loin et aussi haut que ses aptitudes le lui permettront. » (Exposé des motifs du projet de réforme de l'enseignement / 5 mars 1937). Jean Zay veut réformer en unifiant le système de l'école élémentaire, en démocratisant l'enseignement secondaire et en créant des classes d'orientation où les goûts et aptitudes des élèves sont évaluées au lieu d'être arbitrairement décidées.

Une oeuvre législative contrariée mais des réformes décisives

Ministre durant 39 mois de 1936 à 1939, sous cinq gouvernements, Jean Zay ne compte toutefois à son actif qu'une seule Loi : la prolongation de l'obligation scolaire de 13 à 14 ans, promulguée en août 1936.

Son projet de réforme de l'enseignement est vivement discuté à la Chambre et se heurte aux réticences de certains syndicats enseignants. Bloqué par un Sénat conservateur, le projet de Loi qui préfigure notre système éducatif organisé en trois degrés (de l'élémentaire au supérieur) ne verra jamais le jour mais sera repris en grande partie à la Libération et durant les années qui suivront. Ses projets législatifs contrariés, Jean Zay cherche alors à contourner les blocages en agissant par voie réglementaire et par l'expérimentation de sa politique auprès d'un nombre sélectionné d'établissements. Sa stratégie consiste à agir pas à pas et à obtenir une généralisation fondée sur le bilan de l'expérience tout en déployant une méthode consistant à impliquer le personnel enseignant.

Promoteur d'une politique associant un enseignement des savoirs et un apprentissage pratique visant l'éducation à la vie sociale et artistique sous toutes ses formes, il favorise une pédagogie axée sur les travaux pratiques, les sorties de plein air, les visites de musée, d'usines, les activités théâtrales, cinématographiques. Baptisée les « Loisirs dirigés », sa politique est alors raillée par l'opposition qui le brocarde « Ministre de la récréation nationale » l'obligeant à changer de vocable. Son projet éducatif pour l'épanouissement et l'autonomisation des élèves prend alors le nom d'« Activités dirigées »

Il développe les bourses d'étude, crée les cantines scolaires et plus généralement les oeuvres sociales en direction des élèves (l'ancêtre des CROUS) ainsi que la médecine scolaire préventive.

En 1938, il imagine un projet de réforme pour la haute fonction publique. Son idée consiste à former les hauts fonctionnaires dans un établissement public et à ouvrir le recrutement à toutes les couches de la société afin de créer un corps serviteur de l'État républicain moins élitiste. « Quel enfant du peuple a jamais été ambassadeur ? », écrit-il dans « Souvenirs et solitude ». Les hauts fonctionnaires étaient alors issus des rangs de l'École Libre des Sciences Politiques, établissement privé, reproducteur d'une élite socialement fermée. Jean Zay vient de créer l'ENA qui verra le jour effectivement en 1945, le projet restant bloqué au Sénat. Dans son journal « Souvenirs et solitude », Jean Zay reviendra sur ce projet de l'ENA lorsqu'il réfléchira sur le manque de préparation intellectuelle et technique du personnel administratif, jeté corps et âme dans les bras du régime de Vichy, impuissant à défendre une République attaquée dans ses fondements.

Ministre de l'éducation nationale, Jean Zay est aussi Ministre des Beaux arts (qui deviendra le Ministère de la culture). Son oeuvre dans ce domaine est aussi impressionnante que dans celui de l'éducation et repose sur les mêmes principes : mettre la culture au service du plus grand nombre. Il unifie les théâtres lyriques nationaux, modernise la Comédie française, crée le Musée d'arts modernes, le Musée des arts et traditions populaires, le Musée de l'Homme, le Palais de la découverte. Il fonde la cinémathèque française et crée le festival international de Cannes. En 1939, il fonde le CNRS.

Il est aussi à l'origine d'un projet de Loi visant à réformer le Droit d'auteur. Soutenu par les artistes et écrivains mais combattu par certains éditeurs, le projet sera finalement enterré.


Vidéo

Docs ad Hoc : l'école est à nous ! Réalisé par Stéphane Benhamou et diffusé sur LCP. Avec la participation de Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l'Éducation Nationale © Dailymotion / LCP

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