Image de diaporamaImage de diaporamaImage de diaporamaImage de diaporamaImage de diaporama

Mardi, 16 juin 2009

UPP sur la Crise - Intervention de Delphine Batho

Évaluer cet article
(0 Évaluations)

Bonsoir à tous et merci pour tout ce que nous avons entendu ce soir.

Peut-être, pourrions-nous revenir sur le titre de cette Université : Quels nouveaux modèles économiques, sociaux et écologiques pour l’après crise ?

Le 1er enseignement que l’on peut tirer de cette réunion, c’est que nous ne sommes pas dans l’après crise, qu’elle ne se dessine pas encore. Philippe Aghion disait que les prévisions pour 2008–2011 sont très préoccupantes pour ne pas dire catastrophiques. Jacques Attali nous disait tout à l’heure que, non seulement le système financier ne s’était pas assaini, mais qu’au-delà de ça, ce système faisait main mise sur la crise pour rester tel quel et profiter de celle–ci afin que tout continue comme avant.

Lorsqu’on parle des prévisions pour 2008–2011, il faut entendre ce que nous voyons dans les territoires aujourd’hui, i.e. des entreprises, des chefs d’entreprises qui nous disent être obligés de prendre en compte le fait que même si cela redémarre en 2008–2011, cela ne redémarrera pas au niveau d’activité qui précédait la crise.

C’est la situation actuelle. Il n’y a pas d’après crise, pas de sortie de crise possible sans s’attaquer aux causes structurelles de cette crise et à l’échec de ce système.

Peut être que dans cette problématique considérant qu’il n’y a pas d’après crise, le sujet est bien celui d’un nouveau modèle et d’une nouvelle règle du jeu.  Ce qu’on attend de la gauche, ce ne sont pas simplement des mesures ou des idées nouvelles mais bien un véritable sens et de véritables valeurs. Cette crise est aussi une crise des valeurs, et c’est pour cela que la question écologique prend une importance fondamentale. A cause du réchauffement climatique, nous avons besoin d’un nouveau modèle de production, d’organisation sociale et de consommation. Nous avons besoin d’un nouveau modèle de mode de vie.

Le 2ème enseignement que l’on pourra tirer, c’est  peut être le 5ème défi dont parlait Ségolène Royal à l’instant : celui de la démocratie.

Jacques Attali disait que le problème est qu’il y a une globalisation des marchés, mais pas de globalisation de l’état de droit. Philippe Aghion, de même que beaucoup d’autres intervenants, a parlé de la défaillance de l’Europe, de l’incapacité des 27 à engager une vraie stratégie économique face à la crise. Nous étions ce soir au cœur de ce qu’on appelle la crise de la SDE. Cette dernière, telle qu’elle se présente aujourd’hui, est périmée, parce qu’elle est incapable de proposer une nouvelle marche en avant pour l’Europe. Parce que la SDE est incapable de se remettre en question par rapport à ce qui a été le fer de lance des dernières décennies qui était d’accompagner la logique de dérégulation. Aujourd’hui, ce qu’il faut au contraire, c’est mettre en place de nouvelles règles et de nouvelles idées.

En ce sens, je pense que la réponse qui a été donnée par SR dans son discours sur la question des Etats-Unis d’Europe est fondamentale.

Le 3ème enseignement c’est la question centrale des inégalités. J’aimerais émettre un regret par rapport à ce qui a été dit ce soir. Nous avons beaucoup parlé de l’endettement des Etats. Mais ce qui n’a pas été dit, c’est que derrière cette crise, se trouve cette question des inégalités en ce sens que s’y situe la question de l’endettement des ménages.

Moi, je suis dans un département où, l’année dernière, le taux de surendettement des ménages  a augmenté de 15% en un an.

Et derrière cette spirale infernale des subprimes, de surendettement, il y a la question des bas salaires, de la précarité et des travailleurs pauvres. Celle des travailleurs pauvres, c’est celle qui s’est installée aux Etats-Unis et qui s’installe en France.

C’est pour cela que quand on reparle de la question sociale, du dialogue social, de la confiance, c’est la question du dialogue social qui est cruciale et fondamentale. Avoir des travailleurs bien rémunérés et revenir sur les causes initiales de la crise.

Ce qui était au centre de beaucoup de textes, je pense notamment à la contribution Combattre et proposer, c’est la question de la protection sociale et de la réforme de la fiscalité.

Il est évident que lorsqu’on se demande quels sont les leviers de l’action d’un gouvernement étatique et européen, on pense à l’éducation, à la politique industrielle, à la question des ressources fiscales et à la redistribution des richesses.

L’impératif en ce qui concerne la fiscalité est de construire à partir de la critique et de la remise en cause mais également d’engager une véritable révolution fiscale créatrice de justice sociale.

Face à cela, et peut être en guise de conclusion, on peut dire qu’il y a beaucoup de travail à faire. Il faut prôner une excellence environnementale, un ordre économique et social juste, réconcilier la gauche avec les entreprises, prôner les Etats-Unis d’Europe, une révolution fiscale et un syndicalisme de masse avec adhésion obligatoire ou sponsorisé par l’Etat.

Nous avons beaucoup de choses à redécouvrir, beaucoup d’idées à reprendre, à retravailler afin de reprendre confiance en l’avenir.

Et pourquoi pas ?

0000-00-00 00:00:00

Laisser un commentaire

Il vous reste caractères.

Le CLOUD

Les Comités Désirs D'Avenir

Les comités Désirs d'Avenir vous donnent rendez-vous sur leur site.