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Vendredi, 19 juin 2009

Anticiper la déglobalisation: partager les revenus

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Dans leur dernier livre, « Pourquoi il faut partager les revenus. Le seul antidote à l'appauvrissement collectifs », Patrick Artus et Marie-Paule Virard anticipent la « déglobalisation » à venir (idée neuve à distinguer du protectionnisme) et expliquent pourquoi il faut désormais partager les revenus, pour des raisons non pas morales ou de justice sociale mais de pure efficacité économique.

Ils plaident pour un véritable changement de modèle économique comme seule réponse, au-delà de la crise actuelle,  à la nouvelle donne mondiale qui rebat les cartes entre pays « émergents » et « avancés ».
« Non, tout ne va pas pouvoir continuer comme avant » : la première phrase du livre annonce la couleur et solennise l'urgence. 

Démonstration en 3 temps :

1)    Dans la phase historique que nous avons baptisée « mondialisation », les pays émergents fournissaient des produits peu sophistiqués et certains (Chine principalement) exportaient leur épargne qui venait financer les déficits de quelques pays riches (Etats-Unis en tête).

2)    Ce schéma est en train d'être dépassé car les pays émergents ont de moins en moins besoin de nous. Les plus avancés d'entre eux commencent à nous concurrencer dans les hautes technologies (en 15 ans, le nombre de diplômés universitaires chinois est passé de 2 à 80 millions) et substituent leur production domestique à nos importations.
D'où une « déglobalisation » qui se traduit aujourd'hui par une baisse brutale du commerce international (que les effets de la crise ne suffisent pas à expliquer) et se poursuivra demain par une réorientation de leur épargne vers leur propre développement.
Conséquences pour les pays OCDE : le tarissement d'importantes sources de financement extérieur, un accès plus difficile à ces vastes marchés, une hausse durable du prix des matières premières en raison des besoins croissants des pays en plein essor.

3) Après avoir conjuré la crise par des plans de relance accroissant déficits et endettement public, les pays riches (qui peuvent de moins en moins compter, pour tirer leur économie, sur les importations des pays émergents en route vers l'auto-suffisance) n'ont plus qu'une issue pour soutenir leur croissance : ranimer leur consommation intérieure par une nouveau partage des revenus incluant une hausse des salaires.

Cela implique de modifier en faveur du travail et au détriment des revenus du capital le partage de la valeur ajoutée, de réformer la fiscalité dans le sens d'une plus grande redistribution et d'adopter à l'échelle européenne des politiques de développement communes tournant le dos à la course au moins disant social ou fiscal.

Le constat est net : les inégalités tarissent la croissance faute de carburant.

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