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Samedi, 16 juillet 2011

La France et la République : Synthèse de l'Université avec S. Royal et J.P. Chevènement

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Au sommaire

 

1.     La France, la République, l’école

Les trois éléments forment, pour Ségolène Royal comme pour Jean-Pierre Chevènement, un seul et même ensemble, un seul et même tout. Certes, cette alliance des trois n’a pas toujours été une évidence ; elle est le fruit d’un long travail historique et politique, dont Jean-Pierre Chevènement a rappelé à grands traits les étapes principales : Révolution française, fondation de la IIIe République, Libération. Toujours est-il que nous sommes maintenant entrés, et ce depuis la fin du XIXe siècle, dans une période où l’identité de la France est indissociablement liée à celle de la République :

« Les fondateurs de la IIIe République (…) avaient compris que la République, c’était aussi la France, que la France avait existé avant la République et que d’ailleurs pour passer le contrat social, encore fallait-il parler une langue dans laquelle on puisse s’entendre, qui était le français. Donc la France a existé avant la République et elle existe avec la République. Et aujourd’hui, son identité, c’est l’identité républicaine, c’est cette volonté de refondation, cette volonté civique qui fait que nous avons fait le choix de l’égalité entre les citoyens, nous essayons d’élaborer ensemble un projet, à travers ce qu’on appelle le débat républicain. Et c’est cela, ce qu’il faut faire. C’est le cœur de la méthode, je dirais, participative. En tout cas, il n’y a pas de débat sans participation. Il faut se mettre d’accord sur un projet qui soulève le peuple au-dessus de lui-même, (…) le peuple étant souverain, et chaque citoyen étant une parcelle ». (Jean-Pierre Chevènement)

Or, si, comme on peut le résumer, « France = République », alors il est absolument nécessaire que les attributs de la République, jusqu’à ses symboles, soient assumés, acceptés et même surtout revendiqués par les partisrépublicains, au premier rang desquels la gauche. Sur ce point, Jean-Pierre Chevènement et Ségolène Royal partagent une même vision des choses :

« D’abord, la défense des symboles de la République. En effet comment accepter de laisser au Front national et notre drapeau et notre hymne national ? Et la défense de la Nation ? » (Ségolène Royal)

Comme le rappelle d’ailleurs Jean-Pierre Chevènement, la gauche a toute légitimité à défendre et à revendiquer les symboles de la République et l’amour de la patrie, le patriotisme, car c’est la droite qui, le plus souvent, a détourné la signification profonde de ces sentiments républicains et qui, pour une partie d’entre elle tout du moins, en a même, aux heures douloureuses de notre histoire (on pensera également aux hontes que la colonisation a attachées à notre pays), fait un usage détourné et néfaste :

« Nous ne devons pas laisser la France, le patriotisme à la droite, qui s’en sert, qui l’instrumentalise à ses fins, mais qui souvent s’est révélée si peu fidèle à la patrie, en particulier dans des moments douloureux de notre histoire ». (Jean-Pierre Chevènement)

Aimer la France, c’est donc aimer la République et les symboles qui la représentent et l’illustrent – tel est, en substance, le message délivré par les intervenants. Mais comment transmettre cet attachement légitime à la République ? Par l’école qui doit être, à rebours de la politique gouvernementale actuelle, l’un des piliers de la France de demain. Pourquoi l’école ? Parce que c’est, comme le rappelle Ségolène Royal, par là que « tout commence », y compris l’apprentissage du civisme et du vivre-ensemble :

« Il y aurait tellement de choses à refaire d’ailleurs sur la question de l’éduction civique et de l’éduction citoyenne à l’école, parce que tout se tient si on veut refonder les valeurs républicaines, sortir la France de l’ornière dans laquelle elle est aujourd’hui, défendre notre idée de Nation, car en effet tout commence par l’école. Et on le sait ici, puisque c’est aussi une de mes convictions fortes et que tu as rappelée tout à l’heure : tout commence par l’école parce que c’est le creuset, c’est le grand dessein de la République. Et je le dis souvent, je le redis ici : mon projet présidentiel remettra l’école au cœur de tout et en avant de tout, parce que c’est là que nous reconstruirons les valeurs, que nous reconstruirons l’éthique, que nous reconstruirons la volonté de vivre ensemble. » (Ségolène Royal)

Une école avec des moyens, un soutien actif, et non une école « dans laquelle [le gouvernement supprime] plus de 60 000 postes », voilà donc pour Ségolène Royal comme pour Jean-Pierre Chevènement, la première pierre de la refondation de la République.

 


2015-03-11 13:00:33
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