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Samedi, 16 juillet 2011

La France et la République : Synthèse de l'Université avec S. Royal et J.P. Chevènement

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Intervention de Ségolène Royal

Merci, merci Jean-Pierre pour ton intervention, pour tes réponses aux questions, comme tu le vois nos universités sont entièrement libres, les questions ne sont pas organisées à l’avance, et nous tenons à protéger justement ce lieu démocratique, ouvert à tous, quels que soient son cheminement, son itinéraire, son niveau de diplôme. Et cette liberté, une fois de plus, nous a été démontrée ce soir.

Et merci, parce que tu es un homme politique aussi citoyen et tu comprends parfaitement l’importance de maintenir la liberté de ces échanges avec toutes celles et ceux qui viennent ici et auxquels nous voulons, par ces universités participatives, donner le meilleur de la matière grise, de l’intelligence. Encourager à réfléchir, c’est la traduction de l’idée que je me fais d’une nouvelle gouvernance politique : c’est donner aux citoyens les armes pour comprendre, les arguments pour comprendre, les outils ensuite pour choisir et pour peser sur son propre destin et à un moment les Français en ont assez, je crois, de subir tous les jours les décisions dont ils ne comprennent même plus le sens, on ne sait pas où la France va. Eh bien, il est très important de rappeler ici la conception d’une politique démocratique, la conception d’une démocratie participative, c’est d’avoir toujours l’exigence de la qualité du débat intellectuel et une fois de plus cette université populaire le démontre et grâce à ta présence, Jean-Pierre, ce soir.

Alors tu as dit beaucoup de choses dans lesquelles, bien sûr, je me retrouve.

D’abord, la défense des symboles de la République. En effet comment accepter de laisser au Front national et notre drapeau et notre hymne national ? (Applaudissements) et la défense de la Nation ? Nous avons souvent convergé, et il y aurait tellement de choses à refaire d’ailleurs sur la question de l’éduction civique et de l’éduction citoyenne à l’école, parce que tout se tient si on veut refonder les valeurs républicaines, sortir la France de l’ornière dans laquelle elle est aujourd’hui, défendre notre idée de Nation, car en effet tout commence par l’école. Et on le sait ici, puisque c’est aussi une de mes convictions fortes et que tu as rappelée tout à l’heure : tout commence par l’école parce que c’est le creuset, c’est le grand dessein de la République. Et je le dis souvent, je le redis ici : mon projet présidentiel remettra l’école au cœur de tout et en avant de tout, parce que c’est là que nous reconstruirons les valeurs, que nous reconstruirons l’éthique, que nous reconstruirons la volonté de vivre ensemble.

Tu as articulé et je retiens cette idée – c’est vrai souvent que l’on met au second plan par rapport aux valeurs de la République, les valeurs de la science et de la connaissance. Et toi tu avais lancé les États généraux de la recherche, en arrivant au Ministère de la recherche, et je crois qu’aujourd’hui, la France aurait bien besoin de relancer ce type de démarche, parce qu’on voit cette mutation technologique, on voit cette mutation dans la croissance verte. On voit l’émergence de la matière grise dans les pays émergents, précisément. On voit la Chine, l’Inde et toute l’Amérique latine investir puissamment dans l’enseignement et dans l’enseignement supérieur. Et parallèlement, on voit notre système éducatif rétrograder dans les classements internationaux. Et moi, je dis que là dessus, il n’y a pas de fatalité, et en effet, défendre aussi puissamment le pilier des valeurs des valeurs de la République et le pilier des valeurs de la science et de la connaissance, c’est comme ça aussi que nous réussirons à faire en sorte que la France prenne le tournant des nouvelles technologies, des nouvelles façons de produire, de consommer, de se déplacer, de protéger les ressources naturelles, d’inventer un autre mode de développement plus économe en énergie, et donc qui permet aussi le développement des pays les plus pauvres de la planète. C’est parce que nous réussirons à remettre en cause nos propres modèles de gaspillage énergétique que nous réussirons aussi à donner aussi aux pays les plus pauvres qui disposent, allez disons-le, quand même massivement, puisque ce sont les pays les plus chauds, de l’énergie solaire, de l’énergie de la paix. Pourquoi l’énergie de la paix ? Parce qu’on sait qu’aujourd’hui les principales menaces qui pèsent sur l’équilibre du globe, ce sont les déplacements massifs de populations dus au réchauffement planétaire et à la désertification d’un certain nombre de pays. Comment accepter cette violence, comment accepter de fermer les yeux sur ces déplacements massifs de populations qui demain pèseront sur nos pays. Et donc, si nous continuons à fermer les yeux sur le réchauffement planétaire, si nous continuons à fermer les yeux sur les conflits autour de la maîtrise des ressources naturelles et de la ressource en eau, si nous continuons à laisser la spéculation sur les matière premières et sur les produits alimentaires – ce qui ne s’était jamais vu dans l’histoire du monde (Applaudissements). Jamais une civilisation n’a accepté – jamais aucune civilisation n’a accepté la spéculation sur les produits alimentaires, jamais. C’est la première fois que l’on voit de tels comportements prédateurs, c’est la première fois que l’on voit une telle inertie par rapport à ce qui est en train de se passer au niveau planétaire, quand tant de personnes s’enrichissent alors que tant de personnes n’ont pas accès au minimum vital et même ici en France, l’exemple, il est flagrant. Quand je demande au Président de la République, qui se déplace d’ailleurs demain dans ma région pour venir voir les éleveurs en difficulté, alors que cela fait des mois que je tire la sonnette d’alarme, eh bien, qu’il vienne donc voir et s’il en repart en prenant la décision opérationnelle que je lui réclame : de réquisitionner les céréales destinées à l’exportation, parce que sur le marché mondial il y a de la spéculation et que ça rapporte plus d’exporter les céréales que de les vendre à nos éleveurs pour qu’ils puissent nourrir leur troupeaux. Est-ce que c’est juste, ça ? (Applaudissements). Non ce n’est pas juste. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il y a des solutions pour peu qu’on en ait la volonté politique et vous observerez d’ailleurs, que chacune de ces solutions, il y a un principe de commun à toutes ces solutions, c’est qu’un peu plus de justice donne un peu plus d’égalité, et donc la question de la juste répartition des revenus et des ressources, elle est au cœur de toutes nos problématiques.

Et enfin, Jean-Pierre, et tu as abordé et tu as fait un constat sévère sur l'Europe. Et ce constat sévère, il est nécessaire. Et ça nous pousse encore à réfléchir davantage et ça nous pousse à sortir des discours lénifiants. Et ça me fait dire aussi qu’il nous faudra beaucoup, beaucoup d’énergie et de volonté politique en 2012, pour la changer, cette Europe. Beaucoup de volonté pour la transformer. Parce que c’est un travail très ingrat, finalement, de s’investir dans le changement de l’Europe. C’est un travail très long, parfois compliqué. Et souvent, du coup, ce chantier il est laissé de côté, parce qu’il n’est peut-être pas politiquement rentable. Eh bien, moi je voudrais vous redire une nouvelle fois ici mes convictions européennes profondes. Et en écoutant Jean-Pierre Chevènement ce soir, j’ai envie de vous dire que je veux être celle qui va réconcilier l’histoire de la France avec le rêve d’une Europe au service des peuples. (Applaudissements). Oui, réconcilier l’histoire de la France avec le rêve d’une Europe au service des peuples. Il en faudra des convictions, il en faudra de l’imagination. Il faudra aussi savoir où l’on va, et le définir assez vite, pour que les citoyens s’engagent dans cette nouvelle Europe et dans ces transformations. Parce qu’il y a un gros doute, quand même : il la subissent et nous la subissons, cette Europe. Et même le concept est devenu presque négatif. C’est dire tout ce qu’il faudra rattraper. Il faudra aussi avoir le courage de changer. A partir d’une idée toute simple d’ailleurs, d’une évidente vérité, c’est que nous sommes plus forts à plusieurs que tout seuls. Que ceux qui nous font croire, à l’extrême-droite, que le destin de la France peut se déconnecter du destin de l’Europe nous mentent. Nous mentent et c’est même dangereux. En revanche, l’idée que nous devons farouchement défendre, l’idée de Nation articulée à l’idée d’Europe, ce que j’ai appelé les « Etats-Unis d’Europe », c’est-à-dire une fédération d’États-nations où nous avançons quand nous pouvons, pas forcément tous à 27, comme Jean-Pierre vient de le dire, mais à géométrie variable, avancer quand on le peut, dans un partenariat avec l’Euro-Méditerrannée, dans le partenariat avec l’Afrique, tellement indispensable, je le redis ici, une partie de notre avenir est dans ce partenariat avec l’Afrique.de l’autre côté de la Méditerranée, et que nous avons là aussi des potentiels considérables à faire ressurgir pour assurer nos destins communs.  Et nous devons nous battre et inventer une nouvelle façon de vivre à 27, dans un continent fort, prospère et dynamique.

Nous devrons nous arracher aux disputes stériles, en France et entre pays européens, parce que nous n’avons plus le luxe de nous perdre en interrogations métaphysiques. Alors bien sûr, la crise nous révèle les errements du passé, les dangers d’une Europe bâtie sur les sables d’une dérèglementation, d’une libéralisation ouverte aux vents de la concurrence généralisée. Il nous faudra refuser une Europe  asservie, une Europe comme aujourd’hui qui est pieds et poings liés. Nous voulons une Europe libre, une Europe qui décide ici et maintenant, dans le respect et pour le seul intérêt et pour le seul des nations qui la composent et des citoyens qui habitent ces nations.

Alors comment faire ? Alors première vérité, disons le, et ça rejoint le constat que fait Jean-Pierre, une Europe surendettée est aujourd’hui étranglée par les privilèges qu’elle a elle-même nourrie. Voilà la vérité. (Applaudissements) et l’ironie tragique de cette histoire, c’est que nous avons laissé prospérer les oiseaux de malheur, qui planent désormais au-dessus de l’Europe. Regardez-les : ils ne se contentent pas d’attendre l’effondrement qu’ils prédisent eux-mêmes. Ils cherchent à le provoquer, ils sont au dessus de la Grèce, de l’Irlande, aujourd’hui à l’affut des faiblesses espagnoles, portugaises et demain sans doute des nôtres. Ces spéculateurs vautours, nos pays les ont nourris et engraissés, voilà la vérité. Et d’ailleurs cela ne date pas d’hier.

Premièrement, la source de notre d’endettement abyssal réside dans les baisses d’impôts massives dont ont bénéficié les plus riches. Ceux-là même d’ailleurs qui demandent à leurs banques, ou à leurs gestionnaires de fortune, d’obtenir les rendements les plus élevés pour leurs placements financiers. Et le hold-up s’est fait au nom d’une vertu appelée compétitivité, sorte de mantras, dissimulant le dumping fiscal, le moins-disant social et l’alignement vers le bas. En un mot, puisque les placements financiers veulent des rendements à deux chiffres, et puisque la croissance économique des entreprises qui travaillent pour créer de la vraie valeur économique est à peine d’un chiffre, voire un 0%, voire un 1% difficilement, un 2%, qui va payer cet écart entre des rendements financiers qui sont exigés à plus de 10% et une croissance de l’économie réelle qui est aujourd’hui à 1 ou 2% en Europe, qui va payer cet écart ? Mais ce sont toujours les mêmes, les classes moyennes, les catégories populaires, les salariés. Tous ceux à qui on dit encore, aujourd’hui, mais vous n’avez pas fait assez de sacrifices, en plus on va vous supprimer des services publics, parce que c’est du gaspillage les services publics et qu’il faut les supprimer pour garder la notation du triple A. Voilà la réalité. (Applaudissements) Bouclier fiscal, fiscalité avantageuse sur le patrimoine, les filiales, les sièges sociaux, les revenus de l’épargne, abattements, niches, déductions, crédits d’impôt en tout genre – oui, le budget de notre état n’a pas été grevé par les services publics, par notre école, dans laquelle ils viennent de supprimer plus de 60 000 postes, alors qu’au contraire, en période de crise, il faudrait investir davantage dans l’éduction et dans la formation. Oui, tous ceux-là, tous ceux qui ont été bénéficiaires de toutes ces largesses et de tous ces cadeaux, ceux qui ont fait leur beurre sur la compétitivité de tous contre tous au sein de l’Union, ce sont les profiteurs d’une guerre économique qu’ils ont eux-mêmes orchestrée. Voilà la vérité.

Deuxièmement, la dette publique, elle vient des banques et des fonds spéculatifs, que le contribuable a renfloué, au bord du gouffre et qui se retournent aujourd’hui contre les États en leur reprochant leur endettement – c’est quand même extravagant : ce sont les états et les contribuables qui ont renfloué les banques et les fonds spéculatifs et qui aujourd’hui se retournent vers les états pour leur reprocher leur endettement. Aucune reconnaissance du ventre (rires). Alors, hausse des primes de risques, chantage au triple A de la part d’agences de notation payées par les banques elles-mêmes, etc. L’irrationalité confine même à la démence lorsque les spéculateurs qui s’alarment de l’endettement et exigent la rigueur, sanctionnent les états, qui pourtant obéissent à leurs ordres et qui voient leurs perspectives de croissance dramatiquement diminuées – eh bien, c’est de cette spirale infernale qu’il faudra sortir.

Comment sortir de cette spirale infernale ? Eh bien en faisant en sorte que le pouvoir politique l’emporte sur le pouvoir financier. En faisant (Applaudissements) en sorte que dans le calcul de la compétitivité économique d’un pays, on puisse intégrer aussi des valeurs soi-disant non mesurables : c’est-à-dire la qualité éducative, la qualité de la recherche, des entreprises, la qualité des services publics, le bien-vivre, la santé et la sécurité dans l’alimentation. Tout cela aussi qui a été sous-traité, bradé, à un capitalisme financier à outrance. Comment expliquer qu’avec les niveaux de recherche, de science, de laboratoire que nous avons, nous puissions encore subir des catastrophe sanitaires comme celles que nous subissons sur les légumes aujourd’hui ? C’est absolument invraisemblable. Donc la seule explication, c’est qu’en effet, la loi du profit a tout gangréné, jusque le refus ou la mise en cause de la protection de la santé des citoyens. Eh bien, ça, il faudra que l’Europe le refuse, en exigeant la reconstitution et les moyens mis dans les services publics des contrôles sanitaires, qui ont été année après année, rayés, rayés de la carte, bradés, sous prétexte qu’ils n’étaient pas suffisamment rentables. Et donc moi, ce que je propose, c’est de donner au service public, de faire en sorte que les services publics soient… – on lui attribue un calcul dans la rentabilité implicite de ce qu’il permet dans la rentabilité des activités économiques en tant que telles. Donc il va falloir changer aussi les modes de calcul des valeurs qui permettent à un pays d’être performant et qui permettent aux habitants de ce pays de vivre et de bien vivre et pas seulement de survivre.

Voilà (applaudissements) la deuxième idée, je crois que profondément que l’Europe paye en matière économique son désarmement politique et intellectuel. L’Europe s’est affaiblie en adossant de la manière la plus radicale les dogmes les plus obtus. Elle a théorisé son propre effacement politique, derrière l’application indifférenciée, non circonstanciée, mécanique de règles juridiques. Les règles de la libre circulation, les règles des clauses de non-renflouement des états endettés, de non-rachat par la BCE des dettes souveraines européennes, la définition rigide et artificielle de la convergence budgétaire avec le pacte de stabilité. L’Europe a refusé trop longtemps la faculté de discernement qu’exige la juste compréhension des circonstances, l’esprit pratique, qu’appelle une force de réflexion authentique, la force d’adaptation que demande l’action au service de tous.

Alors, c’est vrai, je ne l’ignore pas, qu’il y a des difficultés, que des divisions existent, qu’il y a des réticences de certains pays avancés. Que tout cela est très compliqué. Je n’ignore pas les défis, les forces de frottement, les résistances. Je n’ignore pas la crainte d’une dépossession et d’une fragilisation des états au profit d’institutions européennes qui sont totalement décrédibilisées. Je n’oublie pas non plus les discussions infinies qui ont été nécessaires pour mettre en place le nouveau fonds de gestion des crises, dont il est d’ailleurs à craindre qu’il ne résoudra pas grand-chose. Mais enfin, bon, ces difficultés ont toujours existé. Et ne commettons pas l’erreur de penser qu’elles sont plus fortes aujourd’hui qu’hier. Peut-être que la seule différence c’est que nos responsables politiques, à cause de l’effroyable épreuve de la guerre, avaient sans doute par le passé, cette conviction profonde, cette vista, cette volonté qui leur donnait la force d’avancer et de surmonter les obstacles. L’Europe, à cette époque-là, n’était pas un sujet comme un autre, c’était une question de vie ou de mort, elle n’était pas à ce moment-là détournée à des fins de politique intérieure. Eh bien, je crois que c’est avec l’esprit de ces pionniers que nous devons renouer. Et c’est cela qu’il va falloir faire et ce sera le grand chantier (Applaudissements) du prochain quinquennat et nous nous y mettrons dès 2012.

Dans un an – enfin, dans un an, dans quelques mois, moins d’un an maintenant, nous devrons renouer avec la victoire de la gauche, en 2012 et avec tous les Républicains qui veulent que ça change. Jamais les inégalités n’ont à ce point disloqué le pays, mis en péril son avenir et miné sa confiance. Jean-Pierre le décrit parfaitement dans son livre. Jamais le chômage de masse et de longue durée, jamais la précarité n’a été aussi généralisée. Aujourd’hui, savez-vous que plus de 85% des intentions d’embauche des entreprises concernent des contrats à durée déterminée et 60% des intentions d’embauche sont inférieures à un mois. Sait-on cela suffisamment ? Sait-on suffisamment en effet les dégâts que provoque le chômage des jeunes, des jeunes diplômés, des jeunes qui ont fait l’effort pour travailler à l’école ? Sait-on ce qu’est la survie en-dessous aujourd’hui du seuil de pauvreté ? Tant de personnes cherchant en vain à forcer la porte du marché du travail. Et tant d’autres y renonçant. Le surendettement des familles – les chiffres viennent d’être publiés – qui touchent de plus en plus de petits retraités. Jamais le partage de la valeur ajoutée n’a autant favorisé le capital au détriment des salaires. Ce n’est pas seulement des slogans que je vous énonce. Ce sont des preuves, des faits, dans tous les rapports qui viennent d’être publiés, quels que soient les organismes concernés. Oui, jamais le capital n’a été autant favorisé aujourd'hui par rapport au salaire. Et il faudra d’ailleurs reconstruire complètement la valeur du travail.

Eh bien, tout cela n’est pas fatal, moi je crois au potentiel de la France, à ces hommes et à ces femmes qui l’habitent, ceux d’ici et ceux venus d’ailleurs, car nous avons l’obligation de faire réussir tous nos enfants, d’où qu’ils viennent. Et ce qui se passe aujourd’hui (Applaudissements), ce qui se passe aujourd’hui dans nos quartiers populaires est inadmissible. Ils ont été laissés à l’abandon, souvenez-vous des promesses de 2007 ? Les nouveaux plans ! Le nouveau plan Marshall ! On l’attend toujours ce plan Marshall ! Non seulement, nous n’avons pas eu de plan Marshall, mais maintenant, on a dans nos quartiers, comme à Sevran, un maire qui est obligé de demander à la directrice de l’école maternelle de supprimer la récréation, au cas où il y aurait des balles perdues qui atteindraient un enfant tellement la guerre des gangs fait rage dans le quartier. Eh bien, moi je vous dis que cela, ce n’est pas la République. Et je vous qu’avec moi, il n’y aura, sur tout le territoire de la République française aucune zone de non-droit, parce que nous rejetons (Applaudissements), parce que nous remettrons chacun devant ses responsabilités, avec ses droits et ses devoirs, nous remettrons du service public partout, nous redonnerons aux jeunes le sens de ce que cela veut dire que d’appartenir à la République française, d’y grandir, d’y trouver une place, de pouvoir s’y épanouir, d’y conquérir l’estime de soi-même, parce que nous mettrons aussi les moyens sur la répression du banditisme, du grand banditisme, pour décapiter les têtes de réseau. On ne va pas me dire, qu’avec la qualité de nos services de renseignements et de notre police nationale, on n’a pas les moyens de démanteler les réseaux, alors je demande au Ministre de l’Intérieur de donner à notre police et à nos moyens de renseignements de donner les moyens nécessaires pour permettre le démantèlement des trafics et la paix publique qui doit revenir dans nos quartiers, car les Français ont droit à la sécurité, les Français ont droit à la sécurité globale. Il y a eu tant de campagnes conduites par la droite sur ce sujet-là. Aujourd’hui, c’est un échec, et c’est un échec lamentable. Et bien ce défi, avec vous, je le relèverai, et je le relèverai avec vous parce que moi, je crois à l’ordre juste, les Français également, et nous le construirons avec eux. (Applaudissements).

 


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2015-03-11 13:00:33
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