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Jeudi, 01 février 2018

Déplacement en Norvège

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Conférence Artic Frontier

Conférence Artic Frontier


© Désirs d'Avenir

Je me suis rendue en Norvège pour prendre la parole sur les enjeux climatiques à la conférence Artic Frontier, du 20 au 23 janvier, à Tromsø. Cette ancienne capitale de l'industrie baleinière est le point de départ des expéditions polaires. Elle est devenue une ville universitaire très active et le déplacement de l'institut polaire norvégien dans cette ville est un indicateur parmi beaucoup d'autres de la nette volonté norvégienne de renforcer sa présence dans les enjeux stratégiques de l'Arctique.

Le remaniement qui est intervenu le 21 janvier n'a pas empêché la présence des ministres le lendemain. J'ai pu ainsi m'entretenir avec la nouvelle ministre des affaires étrangères Mme Ine Eriksen Søreide et avec le nouveau ministre du climat et de l'environnement M. Ola Elvestuen qui est également vice-président du parti libéral qui fait son entrée dans la coalition gouvernementale.
La conférence est l'un des événements les plus importants sur l'Arctique. Il aborde les questions thématiques relatives aux thèmes suivants : état de l'Arctique ; technologie et connectivité ; sociétés résilientes ; développement économique durable ; santé de l'océan et bien sûr la question climatique.

Dans mon intervention en présence du Ministre du Climat et sur le thème de la transition vers un monde bas carbone, j'ai d'abord remercié la Norvège d'avoir été l'un des premiers pays à avoir ratifié début 2016 l'accord de Paris et de la présence le 12 Décembre 2017 à Paris de la Première Ministre, Erna Solberg, au « One Planet Summit ».
J'ai ensuite développé l'idée que les pays de l'Arctique étaient victimes du réchauffement climatique sans en être responsables avec une tendance à plus 7 degrés celsius si rien n'est fait, entraînant des catastrophes écologiques sur la totalité de la planète car rien de ce qui se passe aux pôles ne reste dans les pôles. Mais cette situation ne dispense pas l'Arctique de faire sa stratégie bas carbone.
J'ai rappelé que les experts du GIEC avaient clairement indiqué qu'il fallait renoncer à exploiter des gisements connus d'hydrocarbure. A fortiori, qu'il n'était guère conforme à l'accord de Paris d'en rechercher de nouveaux. J'ai rappelé les décisions du gouvernement Français allant dans ce sens. J'ai redis comme à chaque fois, l'importance et la disponibilité de la recherche polaire française pour atteindre nos objectifs et renforcer la connaissance et la coopération dans cette partie du monde si cruciale pour le défi climatique.

En parallèle et comme à chaque déplacement j'ai eu des échanges approfondis avec les chercheurs et des visites de terrain fructueuses. C’est ainsi que j’ai rencontré :

Geneviève Desportes, Française installée à Tromso depuis 5 ans. Ayant coordonné de nombreux projets liés à la biologie et à la conservation des mammifères marins, Mme Desportes occupe, depuis 2015, les fonctions de secrétaire générale de la Commission des mammifères marins de l'Atlantique Nord, organisation intergouvernementale en charge de la coopération sur la conservation, la gestion rationnelle et l'étude des mammifères marins dans l'Atlantique Nord. Cette organisation veille notamment à l’évolution des cétacés, depuis 1981. Mme Desportes a particulièrement insisté la nécessité de préserver les écosystèmes et de développer une économie durable, respectueuse de l’environnement, tout en permettant aux populations autochtones de préserver leurs modes traditionnels de subsistance.

Rasmus Bertelsen, professeur d'études nordiques et titulaire de la première chaire « Barents » en politique à l'Université de Tromsø - Université Arctique de Norvège. R. Bertelsen est également impliqué dans des projets européen H2020 sur la diplomatie scientifique. Il a souligné le succès des coopérations scientifiques, menées entre la France et la Norvège, et esquissé différentes pistes d’approfondissement, notamment dans le champ des sciences sociales. Il m’a confirmé sa disponibilité à continuer à poursuivre les échanges sur cette thématique.

Benjamin Planque, qui après une carrière à l’IFREMER, a rejoint l’Institut de Biologie marine à Tromso ou il travaille depuis 2008 sur les questions d'écologie des poissons, d'impact du climat sur les populations marines, la modélisation de l'évaluation des stocks de poissons, l'écologie spatiale, la modélisation des réseaux trophiques. M. Planque m’a présenté l’organisation des systèmes de gestion durable des pêches en Norvège et les moyens dévolus à la recherche dans ce domaine. Il m’a rappelé l’importance du projet EAF-Nansen, qui consiste à développer les connaissances sur les écosystèmes afin de les utiliser dans la planification et le suivi des ressources halieutiques.

Anne Husebekk, rectrice de l'Université de Tromsø - Université Arctique de Norvège. L'Université de l'Arctique de Norvège (UiT) est une université de recherche pluridisciplinaire, qui contribue au développement économique, basé sur la connaissance au niveau régional, national et international. Anne Husebekk m’a indiqué que son université, qui compte 15 000 étudiants, est la troisième plus importante de Norvège et la plus septentrionale du monde. Son internationalisation croissante, qu’il s’agisse des étudiants ou du corps enseignant, lui confère un rôle de premier plan dans l’attractivité du comté du Troms. Son emplacement au coeur de l'Arctique lui confère une mission particulière, tant vis-à-vis des autorités locales que des populations autochtones. Aussi, les changements climatiques, l'exploitation des ressources de l'Arctique et les menaces environnementales sont des sujets d'intérêt croissant auxquels contribue l'université de Tromsø. L’université a également pour objectif principal d’accompagner la transition économique et l’évolution des métiers liés à la vie en Arctique. Les projets de coopération de cette université avec la France sont nombreux. Anne Husebekk a notamment salué le projet de séminaire qui devrait se tenir à Paris, en novembre prochain sur les questions de gouvernance, écologie et populations autochtones et qui constituera une occasion de valoriser notre recherche scientifique notamment dans le domaine des sciences sociales et humaines.

Les Emerging Leaders (personnalité d’avenir)
J’ai été en mesure d’accueillir à leur arrivée à Tromso, deux jeunes Français, Mme Camille Escudé et M. Nicolas Bon, sélectionnés dans le cadre du programme Emerging Leaders. Ce programme, permet à de jeunes professionnels, de plusieurs nationalités, venant d’horizons divers et fortement investis sur les problématiques arctiques, d’échanger sur les défis posés par cette région. Leurs travaux font ensuite l’objet d’une présentation durant la conférence Arctic Frontiers. Particulièrement intéressée par leur parcours, je souhaiterais impliquer ces deux jeunes lauréats dans les ateliers de réflexions que j’anime et plus particulièrement Camille Escudé, qui prépare actuellement une thèse sur la gouvernance régionale et la représentation politique des territoires arctiques à l'échelle régionale et envisage de créer un cours électif sur la géopolitique de l’Arctique au sein de Sciences Po. Nicolas Bon, créateur d’une start-up spécialisée en intelligence artificielle et développant des algorithmes destinés à l’étude du déplacement des glaciers, a illustré l’interaction indispensable qu’il convient de développer entre le monde économique et la communauté scientifique.

Ole Arve Misund, directeur de NPI, l’Institut Polaire Norvégien que j’ai visité avec lui. M. Ole Arve Misund récemment nommé à la tête de l’Institut polaire Norvégien a séjourné plusieurs années en France où il a notamment travaillé à l’ORSTOM. Il constitue donc un interlocuteur et relais particulièrement intéressant pour nos actions en Arctiques et notamment au Svalbard où NPI est présent. L’Institut Polaire Norvégien est l'institution norvégienne clé en matière de recherche scientifique, cartographie et surveillance de l'environnement dans l'Arctique et l'Antarctique. L'Institut conseille les autorités norvégiennes sur les questions relatives à la gestion du cercle polaire et est l'organe officiel de gestion de l'environnement pour les activités norvégiennes en Antarctique. Le directeur de NPI a notamment insisté sur les défis posés par l’exploitation pétrolière, notamment le long des côtes norvégiennes (iles Lofoten notamment) et vers le Nord. Il a ainsi relevé la nécessité de maintenir les équilibres entre exploitation pétrolière ou halieutique, sur les zones où les deux ressources sont présentes. M. Ole Arve Misund a enfin rappelé que la voix de la France était largement écoutée en Arctique, en particulier sur les questions environnementales, notamment après la ratification de l’accord de Paris.

Mme Laurence Frémion, vice-consule honoraire Après un résumé de son parcours,Mme Laurence Frémion m’a présenté les caractéristiques de la communauté française à Tromsø, qui compte environ 120 personnes, dont une quarantaine d'étudiants (Erasmus et autres programmes). Elle a ensuite évoqué les enjeux liée à cette présence, et notamment le maintien de la francophonie et de programmes attractifs de coopération éducative et universitaire. Mme Laurence Frémion a également mentionné les problématiques liées au flux de touristes (environ 12 000 Français visitent la région chaque année) et la requête récente des autorités norvégiennes régionales adressée aux consulats des pays représentés à Tromsø pour que ces derniers participent à l'information des visiteurs en Norvège du Nord et Svalbard en terme de sécurité, de règlementation et de préservation de l'environnement.

Au cours de mon séjour à Tromsø, j’ai effectué une visite guidée du musée polaire, au cours de laquelle, on m’a présenté la vie quotidienne en Arctique (première femme au Svalbard, Wanny Woldstad), les expédition des grands explorateurs norvégiens (Fridtjof Nansen, Roald Amundsen, bateau Fram), ainsi que l’évolution de la recherche scientifique dans cette zone. Le musée polaire, institution phare, qui accueille une riche exposition permanente ainsi que des séminaires sur l’Arctique, pourrait être un partenaire intéressant pour la France, pour des opérations de sensibilisation du grand public. Je me suis également rendue au musée Polaria, où des informations sur la faune et la biodiversité en Arctique, ainsi que les actions éducatives dans ce domaine m’ont été fournies.

Enfin, j’ai été initiée aux coutumes locales, en célébrant, en même temps que les habitants de Tromsø, le jour du retour du soleil dans la ville (Soldagen), par une ascension du Mont Storsteinen sous une température de moins 15 degrès !

2018-03-23 17:18:12
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