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L'économie collaborative au centre de nombreuses attentions © Pixabay

L'économie collaborative a le vent en poupe, à en juger par les couvertures médiatiques dont elle est l'objet sur les supports traditionnels et davantage encore sur les réseaux sociaux numériques.

En 2013, Désirs d'Avenir avait d'ailleurs organisé un séminaire précurseur sur ce sujet avec la participation de plusieurs leaders du marché ((re)voir ici).

En février dernier, un rapport de synthèse sur le développement de l'économie collaborative a été remis au Premier Ministre, dans lequel il est question non seulement de clarifier le sujet mais aussi de formuler des propositions visant à la fois à mieux encadrer le secteur et à accompagner son développement dans une logique d'équité concurrentielle.

Un premier constat apparaît : l'économie collaborative, c'est-à-dire l'ensemble des activités économiques visées par cette expression ne pèse pour le moment qu'un poids marginal. Elle ne représente en France que 0,5 % du chiffre d'affaire des entreprises du secteur concurrentiel et 0,3% des dépenses de consommation des ménages.
Alors pourquoi un tel engouement ?
C'est tout d'abord le potentiel de développement de ce marché qui retient l'attention, confirmé par toute une série d'indicateurs tant du point de la vue de la production que de la consommation. En 2015, 89 % des Français ont déjà utilisé au moins une fois une plateforme de consommation collaborative. En 2015, 44% des Français vendaient en ligne (67% achetaient) à des particuliers ; ils n'étaient que respectivement 28% et 34 % en 2006. Selon une étude américaine, le marché mondial est estimé à 335 milliards d'euros en 2025 (contre 15 milliards d'euros en 2014). Pour la France, la prospective envisage un marché de 7,5 milliards d'euros en 2025 (contre 2,5 milliards d'euros en 2014).

Par ailleurs, l'économie collaborative fait écho aux préoccupations contemporaines concernant le développement durable et l'attention portée aux ressources énergétiques et aux matières premières.
Car l'économie collaborative est au carrefour de plusieurs philosophies. L'économie du don qui promeut la coopération entre producteurs sans contrepartie monétaire, la mouvance du libre qui privilégie une logique d'accès libre par opposition à une logique propriétaire, fondée sur la protection des droits de propriété et des droits d'auteur et à laquelle le développement d'Internet a largement contribuée, cohabitent avec une économie dite de la fonctionnalité. Dans cet esprit, il s'agit de rendre un bien le plus durable possible tout en consommant un minimum de ressources. La notion d'usage du produit l'emporte alors sur celle de propriété.

De plus en plus de secteurs impactés

Les développements d'Internet font naturellement écho au rôle croissant joué par les acteurs du numérique en réseau. C'est vrai et cependant insuffisant à rendre compte de l'ensemble de l'économie collaborative. Car si les plateformes numériques décuplent d'ores et déjà ce marché, elles n'interviennent pour le moment que de façon minoritaire. « Une part significative de l'économie collaborative », souligne l'Ademe*, « concerne la vente de biens d'occasion par des acteurs conventionnels (brocante, vide-greniers, structures de l'économie sociale et solidaire) : 84 % du CA, 99% des entreprises et 60 % des emplois recensés concernent ainsi les réseaux traditionnels de vente de biens d'occasion. »

graphique pipameDe son côté, le Pipame* a dressé une cartographie sectorielle de l'économie collaborative en France et a identifié neuf secteurs d'activité sur lesquels sont présents les plateformes. Les secteurs identifiés se distinguent suivant le degré de maturité et de concurrence de leur marché respectif. Il apparaît qu'aujourd'hui, la plupart des domaines de la vie courante sont concernés par des activités d'économie collaborative. Cela va de « se déplacer », à « se loger » en passant par « s'habiller », « se nourrir » « s'équiper » ou même « se financer ».
L'étude de Pipame révèle également qu'une majorité des plateformes collaboratives en France sont des entreprises jeunes : 48 % d'entre elles ont vu le jour après 2012.

L'économie collaborative souffre aussi d'imprécisions sur sa nature, entretenues par quelques événements tapageurs de l'actualité récente (Uber par exemple) qui ne reflètent que partiellement son périmètre et contribuent, soit à brouiller les pistes de sa compréhension, soit à exacerber des tensions et entretenir des méfiances, en particulier de la part des acteurs d'une économie plus traditionnelle. Si l'appréhension voire l'hostilité manifestées ne semblent pas toujours injustifiées, la réflexion amorcée par les pouvoirs publics veut être un début de clarification et une volonté affichée d'apporter des réponses.

De manière plus précise, l'économie collaborative concerne plusieurs types d'initiatives distinguées en fonction du type de rétribution prévalant à la transaction entre utilisateurs. On peut dresser trois portraits types de plateformes (numériques ou non).

  • les plateformes d'économie de partage dans lesquelles les particuliers échangent autour d'un service préexistant sans poursuite d'un but lucratif (ex : blablacar pour le covoiturage)

  • les plateformes de services à la demande dans lesquelles les plateformes définissent les services et apparient les utilisateurs offreurs et acheteurs (ex : Uber)

  • les places de marché qui mettent en relation des particuliers et des professionnels, offreurs et acheteurs.

Il est à noter également que dans le cas des plateformes numériques, les utilisateurs sont à l'origine de la création de valeur. Toutefois, observent les rapporteurs de la mission, ces derniers font rarement l'objet de valorisations concernant cette réalité. Par exemple, la forme coopérative est peu privilégiée par les plateformes qui affichent l'étiquette « économie collaborative », soulignant ainsi un écart significatif entre les valeurs affichées et les pratiques managériales et sociétales déployées.

*Ademe : Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie
*Pipame : Pôle interministériel de prospective et d'anticipation des mutations économiques
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